
Un week-end de printemps sur le littoral atlantique. Deux retraités se rendent dans leur petite résidence secondaire et croisent un couple de punks ayant pour gîte une maison dessinée sur le sable d'une plage. Plus loin, deux imposteurs vêtus d'orange et de vert se mettent au golf à côté d'une procession funéraire. Au même moment, un représentant en parapluies a rendez-vous avec une maîtresse sado-maso dans un hôtel du bord de mer où séjournent deux couples dont l'existence sera chamboulée par un cerf-volant perdu... Un week-end où les destins, les classes sociales, les générations, les sentiments, les douleurs comme les joies, se croisent. Un week-end normal à la mer, en somme.

Une voiturette électrique, une maison lilliputienne, des caravanes à l'envers, deux lesbiennes, un cerf-volant, un croque-mort qui a le hoquet et des plages abandonnées. Pour son second long métrage, l'auteur de bandes dessinées et désormais réalisateur Pascal Rabaté nous refait le coup de son précédent opus, Les Petits Ruisseaux. Et ce, en déployant à l'écran une succession d'instantanés de vacances, croqués toujours avec inspiration mais sans paroles, parce que les petits bonheurs, finalement, se passent très bien de mots. Littéralement emporté par la prestation convaincante de son casting choral, les comédiens Jacques Gamblain, Maria de Medeiros, François Damiens, Gustave Kervern, François Morel et Dominique Pinon en tête, Ni à vendre ni à louer dégage au fil des plans une vraie poésie doublée d'une douce mélancolie. Hommage déclaré au chef d'oeuvre de Jacques Tati Les Vacances de Monsieur Hulot, cette oeuvre minimaliste mais éminemment maîtrisée tisse un savoureux conte burlesque illustrant à merveille que les meilleurs moments de la vie ne s'achètent pas. Une belle réussite.