
Deux banquiers qui ont le monde à leurs pieds prennent un malin plaisir à organiser de véritables chasses à l'homme avec des individus en marge de la société. Leur prochaine cible est un adolescent qui vit avec sa soeur dans la banlieue d'Edimbourg. Elle est criblée de dettes et lui est dans une situation difficile. Il accepte la proposition des deux hommes : se cacher sans se faire attraper en échange de quoi il se verra remettre une grosse somme d'argent.

En ces temps de crise économique où l'incurie de certains banquiers ressemble à autant de provocations arrogantes, le troisième film du réalisateur Richard Jobson a tout d'un coup une saveur particulière. Celle-ci est âcre, longue en bouche, mais finalement vivifiante, exactement comme la réalisation de ce thriller furieux où la caméra suit au plus près cette chasse à l'homme dans les rues d'Edimbourg. Utilisant les outils du cinéma social made in Britain, New Town Killers livre alors une vision de la lutte des classes originale car empiétant sur le terrain du film d'action pure. Les hommes sont ici réduits à sacrifier leur libre arbitre à leur instinct animal. Ce parti pris est ce qui donne à cette course poursuite tout son nerf, ainsi qu'une dimension dérangeante indéniable.