
Homme d'affaires à succès, symbole d'un capitalisme moderne et décomplexé, Michel Ganiant a tout : l'argent, le pouvoir, l'amour. Et il veut que ça se sache. Alors qu'il s'apprête à réaliser le "coup" de sa carrière, il accepte de se laisser suivre par la caméra de Joseph Klein, journaliste impertinent et engagé. Ce devait être une ode au génie du grand homme. Ce sera un voyage sidérant et jubilatoire dans les coulisses du business et la vie des riches et puissants. Bienvenue dans le monde de Michel Ganiant. Pas de bol, c'est aussi le vôtre...

Après le succès de ses longs métrages Sexy Boys et Modern Love, le réalisateur Stéphane Kazandjian a choisi pour son troisième film de se lancer dans un tout nouveau registre, celui du faux documentaire. Suivant pas à pas les frasques d'un patron fictif mais pas forcément éloigné de la réalité, Moi, Michel G, milliardaire, maître du monde nous propulse ainsi sans ménagement dans les coulisses du monde des affaires. Dans le costume sur mesure du magnat de la finance pour le moins cynique, le comédien François-Xavier Demaison livre une prestation hilarante et particulièrement convaincante, prenant ici un plaisir évident à camper un savant mélange d'hommes de pouvoir que l'on s'amusera à reconnaître. À ses côtés, une savoureuse galerie de personnages secondaires, tous interprétés avec truculence par un casting aux petits oignons : Laurent Lafitte, Guy Bedos et Laurence Arne en tête. Très drôle et même pédagogique dans sa manière d'illustrer à l'écran les manigances financières des grands patrons, ce portrait au vitriol du capitalisme contemporain a donc tout d'une franche réussite. Un divertissement édifiant, qui ne saurait laisser indifférents même les moins idéalistes d'entre nous.