
Messaoud, 9 ans, est un enfant d'Aubervilliers. Parce que sa mère est malade, son père est obligé de le placer dans une famille d'accueil. Nous sommes en 1960, dans le contexte troublé des « événements » d'Algérie. Gisèle, mère « nourricière », décide de travestir l'identité de Messaoud, qu'elle vient tout juste d'accueillir dans sa famille, aux yeux de la population de son village du Berry, mais aussi - et surtout - aux yeux de son mari Georges, ancien militaire.
Messaoud devient alors Michel, Michou...

En filigrane de ce long métrage du cinéaste Thomas Gilou, un contexte sociologique et historique difficile. Celui de la France en pleine Guerre d'Algérie, divisée et en ébullition. Le réalisateur de La Vérité si je mens dresse ici avec sensibilité un portrait de la France des années soixante, déchirée entre solidarité et racisme primaire. Réalisateur soigneux, Thomas Gilou signe un film faussement nostalgique emmené par les acteurs Gérard Depardieu, Nathalie Baye et le jeune Samy Seghir, et aborde de front la question bien moderne de l'intégration dans une comédie dramatique pleine d'émotion.