
Août, Hauts de Seine, dans la banlieue Sud-Ouest de Paris, sept amis de 25 ans se retrouvent plus ou moins "fortuitement" à passer quelques jours dans cette ville qui les a vus grandir.Chacun a ses raisons d'être là : certains y vivent encore, d'autres y reviennent pour des raisons familiales, d'autres y cherchent des traces d'une adolescence tenace, d'autres pensent peut-être échapper au désoeuvrement ou y trouver l'amour...Pendant une semaine, nous les suivons de manière isolée et en groupe. Au détour des rues désertées de cette ville fantôme, alors que les journées filent sous le bleu profond du ciel d'août, chacun porte en lui l'intuition que ces moments partagés sont peut-être les derniers...

Premier long métrage du réalisateur Mikhaël Hers, Memory Lane est un film précieux sur la post adolescence. Il nous plonge dans cette période intangible et transitoire annonçant l'imminence de l'âge adulte sans que l'on sache trop à quoi s'en tenir. Finalement peu montrée au cinéma, la faute sans doute à des enjeux sociaux moins évidents, la jeunesse issue de la classe moyenne trouve ici une illustration aussi tendre que caustique, et d'une justesse jamais démentie. Brossé par petites touches impressionnistes dans la langueur d'une fin d'été, ce portrait de groupe évite ainsi habilement la caricature et la caractérisation à outrance, en laissant le temps à chaque personnage de jouer sa partition au sein de la symphonie commune. Une chronique nostalgique qui a donc tout d'une réussite chorale, distillant avec un aplomb délicieux un sens du rythme et une mélancolie bien à elle.