
À l'occasion de leur mariage, Justine et Michael donnent une somptueuse réception dans la maison de la soeur de Justine et de son beau-frère. Pendant ce temps, la planète Melancholia se dirige vers la Terre...

L'Apocalypse a beau tenir de l'effet de mode au cinéma, le cinéaste Lars Von Trier n'a pas attendu 2012 pour se passionner pour la fin du monde, qu'il a déjà plus ou moins évoquée dans ses précédents travaux sans toutefois la traiter ouvertement. C'est enfin chose faite avec Melancholia dans lequel le réalisateur danois déploie des moyens considérables, afin d'illustrer à l'écran une prophétie poétique puisant résolument dans le romantisme allemand. Et dès son prologue, une succession de tableaux sublimés par la musique de Wagner et mélangeant des visions apocalyptiques, le cinéaste déploie ici une réalisation tellement forte qu'il suscitera immédiatement chez le spectateur une puissance d'envoûtement proprement sidérale. Habitée par la performance époustouflante des comédiens Kirsten Dunst, Charlotte Gainsbourg, Kiefer Sutherland, John Hurt et Charlotte Rampling la suite n'en est pas moins éblouissante de bout en bout, en proposant à chaque plan une profusion d'idées novatrices au service d'un film de genre d'une puissance symbolique rare. En pleine renaissance artistique, Lars Von Trier livre ainsi avec Melancholia un saisissant portrait de femmes, doublé d'un film à la fois suave et désespéré dont le plan final déchirant promet de marquer à vie notre mémoire de cinéphile. Une chose est sûre, avec Lars Von Trier, le monde meurt en beauté.