
Jusqu'où la perversité rongeant Anne et Lore les mènera-t-elle ? Elèves d'un pensionnat religieux, les deux adolescentes filles de noble famille cocufient le père Jésus en faveur de Satan, à qui elles vouent un véritable culte. Une adoration démesurée qui les pousse à répandre le mal autour d'elles par le biais de toutes sortes d'actes sévèrement condamnés par l'Eglise.

Première réalisation du cinéaste français Jöel Séria, à qui l'on doit également le truculent Les Galettes de Pont-Aven, ce long métrage répand, dès sa sortie sur les écrans, un capiteux parfum de scandale, qui lui vaut immédiatement de s'attirer les foudres de la censure. Mais ici, rien de gratuit ni de malsain, l'anticléricalisme explicite et les séquences érotiques sulfureuses ne font que souligner un propos psychologique perturbant, celui de ce double cas de déviance juvénile. Petit bijou du cinéma de genre made in France, littéralement habité par les deux jeunes comédiennes Jeanne Goupil et Catherine Wagener, dégoulinantes d'ingénuité perverse, ce film prouve, 40 ans après sa sortie, qu'il n'a rien perdu ni de sa force évocatrice ni de son caractère éminemment provocateur.