
Mike a trente ans et multiplie les petits boulots : maçon, fabricant de meubles, etc. Il se rêve entrepreneur. Il est surtout strip-teaseur. Chaque soir, sur scène, dans un club de Floride, il devient Magic Mike. Lorsqu'il croise Adam, il se retrouve en lui, l'intègre au club et décide d'en faire le Kid. Mais le Kid a une soeur, qui n'est pas prête à trouver Mike irrésistible...

Après son remarqué Piégée, film d'action au féminin qui mettait en vedette une championne de free-fight, le prolixe cinéaste Steven Soderbergh continue d'inverser les tendances. Il nous plongea cette fois corps et âmes dans le monde du strip-tease mais du côté masculin. Portrait d'un effeuilleur, directement inspiré par le parcours de son acteur principal Channing Tatum, Magic Mike donne l'occasion rêvée au cinéaste de signer une variation amusée sur l'apparence, tout en faisant la démonstration de son savoir-faire technique virtuose. Dans Magic Mike, c'est donc la virilité qui se féminise et ce, lors de numéros musicaux extrêmement rigolos où des militaires, des flics ou des gangstas, bref tout ce que la nation compte d' « hyper-testéroné », se met à se déhancher et à s'effeuiller lascivement pour des spectatrices hystériques de frustration. Une métaphore aussi colorée que rythmée de l'Amérique, qui permet ainsi à Steven Soderbergh de s'en donner à coeur joie, en mettant en scène avec une tendresse ironique tous ces jeunes enthousiastes croyant profiter d'un système qui ne fait que les broyer. Jouant avec les codes pour mieux nous étonner, ce récit tout en fluidité et en élégance est porté par l'énergie des comédiens Channing Tatum, Matthew McConaughey ou Cody Horn, qui parachèvent par leur engagement la réussite de cette fable contemporaine réjouissante.