
Si le psychiatre new-yorkais Sobel ne croit plus guère à l'efficacité de son savoir sur des patients atteints de névroses d'une banalité consternante, il va changer d'avis quand Paul Vitti, connu comme l'un des gangsters les plus puissants de New York, franchit autoritairement la porte de son cabinet. Le redoutable malfrat souffre d'étranges symptômes : bouffées d'angoisse, blocage, accès de culpabilité, crises de larmes incontrôlées. Il ordonne à un Sobel terrifié de le guérir rapidement car l'élection du nouveau parrain de la côte Est approche...

En s'inscrivant dans la grande tradition comique du buddy movie, réunissant en un seul duo deux mondes que tout oppose, Harold Ramis signe une savoureuse comédie mafieuse qui n'aura de cesse de mettre à mal nos zygomatiques. Réalisateur du génial Un jour sans fin et scénariste du cultissime S.O.S. Fantômes, le cinéaste ne faillira pas ici à sa réputation en convoquant face à sa caméra un nouveau casting d'exception, qui prendra un malin plaisir à servir un scénario enlevé. Opposant pour le meilleur et pour le rire le sémillant comédien Billy Crystal et la légende du 7e art Robert De Niro, Mafia Blues déploie ainsi un humour dévastateur, jouant à merveille sur les références du genre pour mieux en détourner les conventions et les clichés. Sachant ménager ses effets, Harold Ramis ne tire cependant pas toutes ses cartouches dès la première demi-heure, préférant entraîner son spectateur de surprises en rebondissements jusqu'à une conclusion aussi réjouissante qu'inattendue. Une parodie totalement jubilatoire, qui en jonglant à ravir avec les maux et les mots nous offre une véritable thérapie par le rire.