
10 ans ont passé après les épreuves qu'a traversées la famille Jordan. Joy, qui découvre que son mari Allen n'est pas encore guéri de ses problèmes d'addiction, aimerait trouver du réconfort auprès de sa mère et de ses soeurs Trish et Helen, mais celles-ci ont leurs propres problèmes. Trish, dont le mari a été arrêté pour pédophilie, tente de retrouver l'amour dans les bras de Harvey, un homme mûr et divorcé. Helen, elle, n'est pas épanouie malgré son succès à Hollywood. Ces différentes histoires, qui remettent en scène certains personnages du film Happiness, posent la question du pardon et de ses limites.

Dix ans après la sortie de son long métrage culte Happiness, le cinéaste iconoclaste Todd Solondz signe la suite de son brûlot cinématographique, passant à la moulinette les valeurs de l'Amérique contemporaine. Entre rigueur scénaristique et pastiche ironique, Todd Solondz utilise plusieurs comédiens pour incarner un même personnage et brosse, à travers un récit complexe, le portrait d'une famille parfaitement dysfonctionnelle. Des monstres ordinaires, campés avec talent par les comédiens Charlotte Rampling, Shirley Henderson, Paul Rubens et Ciarán Hinds, qui illustrent parfaitement le caractère morbide de leur existence. Icône indétrônable d'un cinéma américain indépendant et impertinent, Todd Solondz n'a pas eu peur de s'aventurer dans des zones dérangeantes pour nous donner à réfléchir sur la religion, la mort ou la pédophilie dans une satire au vitriol de l'American Way of Life.