
Malena et Pablo, un frère et une soeur qui voyagent en Argentine, découvrent un journal intime détaillant d'atroces crimes commis vingt ans auparavant. Intrigué, Pablo décide de s'arrêter dans un motel où ces meurtres ont eu lieu. A la nuit tombée, les deux jeunes gens entendent des bruits étranges: près d'eux, une famille est persécutée, torturée, et tuée exactement de la même manière que celle décrite dans le journal. Suivant les traces de cette famille, ils vont découvrir qu'il s'agit de la même famille que celle disparue vingt ans plus tôt. Au cours de leur enquête, ils ne se doutent pas qu'ils vont découvrir un terrible secret, qui va bouleverser leur vie.

Premier long métrage du réalisateur Paco Cabezas, Les Disparus s'inscrit dans la droite lignée d'un renouveau du cinéma horrifique ibérique. Dynamisé par de jeunes réalisateurs tels Alejandro Amenabar ou Jaume Balaguero, le genre fait florès de l'autre côté des Pyrénées depuis le début des années 2000 où il démontre un peu plus chaque année sa capacité à creuser l'aspect éminemment transgressif du fantastique. Avec Les Disparus, Paco Cabezas ne déroge pas à la règle et signe un long métrage troublant qui mêle inextricablement les règles classiques de l'horreur à une métaphore politique ambitieuse. Prenant l'Argentine comme cadre de ces allers-retours entre le présent et un passé tragique, le metteur en scène espagnol fait surgir l'horrible vérité au sein d'une famille banale comme pour mieux faire le procès de la dictature et de ses atrocités. Que l'on se rassure, le film ne sombre pas pour autant dans la lourdeur métaphorique et nous gratifie au contraire d'excellentes séquences d'horreur gothique, ne lésinant pas à proposer aux amateurs de gore quelques plans très graphiques. Une franche réussite du cinéma de genre espagnol.