
Jamie, 16 ans, vit avec sa mère, dans une banlieue où règne chômage et abus sexuels. Sa vie change lorsque John Bunting débarque dans leurs vies. Charismatique, passionnant, Jamie l'admire comme le père qu'il n'a pas connu. Il mettra du temps à comprendre que son mentor est un tueur en série, le plus dangereux qu'ait connu l'Australie.

Premier long métrage du réalisateur australien Justin Kurzel, Les Crimes de Snowtown nous propose un voyage sans retour au plus profond d'une banlieue décrépie où personne n'aimerait échouer. Mais une fois cet oppressant environnement posé, le cinéaste consacre tout son talent et son énergie à nous présenter un portrait sans fard des laissés-pour-compte et des monstres ordinaires qui y sévissent. Avec une prédilection certaine pour le naturalisme le plus cru, Justin Kurzel tisse une impressionnante chronique de la brutalité familiale et ce, à travers un polar glaçant sur la transmission de la violence. Campant avec intensité le psychopathe le plus sanguinaire d'Australie, l'acteur Daniel Henshall emporte dans son sillage un casting tout aussi emballant, complété par les comédiens Lucas Pittaway, Louise Harris et Frank Cwertniak pour ne citer qu'eux. Un premier long métrage d'une étonnante maturité qui mène à bien sa double thématique grâce à un scénario au cordeau, louvoyant habilement entre haletante intrigue policière et dénonciation coup-de-poing d'une homophobie rampante. Une oeuvre percutante venue d'Australie, qui incitera plus d'un cinéphile à suivre ce jeune réalisateur de très près.