
Une athlète qui se réfugiait dans le sport pour fuir les contacts humains, est obligée de suspendre ses activités et de se confronter au monde extérieur. Elle s'installe avec son homme dans un appartement et découvre sur place des phénomènes étranges...

Pour son premier long-métrage et sa première incursion dans le cinéma horrifique, le réalisateur belge Pieter Van Hees a décidé de camper son récit au sein d'un décor pour le moins propice au fantastique. A savoir une région industrielle flamande qui, entre lourds nuages et fumées d'usines, constitue un parfait labyrinthe pour son héroïne perdue d'avance. Au sein de ce sombre écrin, la comédienne débutante Eline Kuppens fait littéralement des étincelles, toujours habilement secondée par la prestation impeccable des acteurs Tom De Wispelaere et Ryszard Turbiasz qui participent de beaucoup à l'atmosphère oppressante de ce cauchemar éveillé. Sans jamais recourir aux clichés ni aux habituelles ficelles du genre, en déployant à l'écran une mise en scène qui flirte efficacement avec l'onirisme, Pieter Van Hees fait surgir l'horreur et le fantastique au sein des endroits les plus inattendus. Distillée en permanence, cette sourde inquiétude n'est pas sans rappeler le style virtuose d'un certain Roman Polanski, et rehausse un scénario machiavélique confrontant le spectateur à ses propres pulsions. Un film éminemment singulier qui séduira les cinéphiles comme les aficionados du genre par sa capacité à mêler horreur, romantisme et un certain propos social sans jamais sacrifier à l'efficacité d'une bonne sueur froide.