
1947. Invité par son ami Harry Line, Holly Martins, un écrivain, arrive à Vienne. Il apprend qu'Harry est mort dans un accident de voiture et qu'il était un trafiquant. En menant son enquête, Holly découvre qu'Harry n'est pas mort et qu'il vit en zone russe où il se livre au trafic de pénicilline...

Récompensé du Grand Prix du Festival de Cannes en 1949, considéré par certains comme un des grands chefs-d'oeuvre du cinéma tandis que d'autres trouvent en ce tableau cynique d'un monde en ruines un film poseur, le 21e film du réalisateur britannique Carol Reed (Les Révoltés du Bounty, Week-end) émerveille autant qu'il divise. Ces réactions aussi tranchées face à un polar politique à la narration et l'interprétation parfaites ne peuvent être que les conséquences normales d'une oeuvre puissante aux partis pris esthétiques hyper-tranchés. L'art véritable se sied mal de la tiédeur. Tout entier baigné par une atmosphère cauchemardesque et fardé des accessoires typiques de tout polar qui se respecte (héros en imperméable, nuits forcément pluvieuses, regards en coin), Le Troisième homme décline une morale désabusée à l'image de cette Vienne vaincue, détruite et morcelée dans laquelle l'action se situe. Film noir dans tous les sens du terme, sublimé par la musique obsédante d'Anton Karas et un scénario ciselé de l'auteur Graham Greene, ce jeu de faux-semblants terriblement fascinant n'a pas fini d'éblouir par sa sombre lumière.