
Pour tout le monde, le physicien français Clément Tibère est mort en 1954. Sa femme s'est remariée, ignorant qu'il a été enlevé par des espions russes et contraint de travailler pour eux. Vingt ans plus tard, kidnappé par le contre-espionnage anglais, il est de nouveau manipulé et doit révéler l'identité de deux agents russes. Libéré, il fuit la vengeance des Soviétiques qui vont le traquer méticuleusement jusque dans les montagnes de France...

Premier long métrage et premier succès pour le réalisateur Claude Pinoteau qui, en adaptant un roman de Francis Ryck intitulé « Drôle de pistolet », nous plonge dans le monde des services secrets. Un monde implacable qui tisse une toile d'araignée autour d'un homme qui n'a plus d'illusions sur personne. Parfait en héros tragique, solitaire et traqué, l'immense Lino Ventura, ici entouré des actrices Léa Massari et Suzanne Flon, porte littéralement sur ses larges épaules un film d'espionnage efficace. La mise en scène, brillante, serrée, fait apparaître le mécanisme des péripéties dans lesquelles notre savant taciturne se trouve pris. Polar nerveux à la sauce hitchcockienne où une menace constante pèse sur la liberté individuelle, Le Silencieux joue sur la paranoïa d'un KGB omniprésent et tout-puissant.