
1958. La France doit faire face à la Guerre d'Algérie. Bruno Forestier, déserteur réfugié à Genève, travaille pour le compte d'un groupuscule d'extrême droite opposé au FLN. Ses amis le soupçonnent de pratiquer le double jeu et le mettent à l'épreuve en lui ordonnant d'assassiner un journaliste de Radio Suisse.

Le Petit soldat est l'un des très rares films à avoir traité de la Guerre d'Algérie à chaud, et à ce titre rencontra des problèmes avec la censure. La sortie fut repoussée de près de trois ans après la fin du tournage, et reste à ce jour une des quelques oeuvres fortes à avoir abordé cette période sombre de l'histoire française. Un film dans lequel Jean-Luc Godard se consacre à mettre à jour la vérité du personnage de Bruno, en pleine confusion face à une actualité douloureuse rarement traitée au cinéma. Michel Subor, le narrateur de Jules et Jim de François Truffaut, et Anna Karina, qui allait devenir l'épouse du réalisateur et son égérie se dédient entièrement à la conception du cinéma que Godard inaugure avec ce film : « Le cinéma, c'est vingt-quatre fois la vérité par seconde ».