
Grégoire Canvel a tout pour lui. Une femme qu'il aime, 3 enfants délicieuses, un métier qui le passionne. Il est producteur de films. Révéler les cinéastes, accompagner les films qui correspondent à son idée du cinéma, libre et proche de la vie, voilà justement sa raison de vivre, sa vocation. Grégoire y trouve sa plénitude, il y consacre presque tout son temps et son énergie. Hyperactif, il ne s'arrête jamais, sauf les week-end qu'il passe à la campagne en famille : douces parenthèses, aussi précieuses que fragiles. Avec sa prestance et son charisme exceptionnel, Grégoire force l'admiration. Il semble invincible et pourtant...

Avec Le Père de mes enfants, la réalisatrice Mia Hansen-Love, ancienne critique des Cahiers du Cinéma, signe un long métrage poignant, entremêlant intimement à l'écran famille et 7ème art. Présenté au Festival de Cannes dans la catégorie Un certain regard, ce second long métrage fait suite au remarquable Tout est pardonné, et remet ainsi une nouvelle fois sur l'ouvrage la question de la paternité, mâtinée cette fois de celle du deuil. Et pour habiter ce délicat récit sur le renoncement, Mia Hansen-Love, qui s'est ouvertement inspirée du producteur Humbert Balsan disparu en 2005, a réuni les comédiens Louis-Do de Lencquesaing, Chiara Caselli et Alice de Lencquesaing, dont les regards perdus, les mots ou les silences, parviennent toujours à trouver le juste chemin de l'émotion, sans jamais vraiment dire son nom. Un film exigeant, qui achève d'imposer sa réalisatrice Mia Hansen-Love comme une cinéaste de l'équilibre, toujours virtuose sur le fil tendu entre gravité et douceur.