
Alors qu'il s'apprête à intégrer l'armée israélienne pour effectuer son service militaire, Joseph découvre qu'il n'est pas le fils biologique de ses parents et qu'il a été échangé à la naissance avec Yacine, l'enfant d'une famille palestinienne de Cisjordanie. La vie de ces deux familles est brutalement bouleversée par cette révélation qui les oblige à reconsidérer leurs identités respectives, leurs valeurs et leurs convictions.

Connue pour ses comédies truculentes telles que La Première fois que j'ai eu 20 ans ou Mes amis, mes amours, la réalisatrice Lorraine Levy nous immerge par petites touches intimistes au plus près du conflit israélo-palestinien. Une histoire d'enfants échangés à leur naissance dans deux familles que tout oppose, le point de départ du Fils de l'autre pourrait faire penser à La Vie est un long fleuve tranquille. Mais si Chatiliez signait une comédie désopilante sur fond de classes sociales, Lorraine Lévy opte ici pour un drame familial dont la trame délicate se mêle étroitement à la situation géopolitique. Tourné en trente-trois jours en Israël et en Cisjordanie, avec une équipe française, israélienne et palestinienne, Le Fils de l'autre évite habilement l'écueil du film militant et manichéen pour mieux illustrer la souffrance des deux camps. Et ce, sans jamais donner d'avis péremptoire. Emmené avec autant de talent que d'énergie par les jeunes comédiens Jules Sitruk et Mehdi Dehbi, ce long métrage passionnant soulève au fil des plans une réflexion fondamentale sur l'identité et son rapport intime à l'appartenance religieuse ou communautaire. Un film saisissant et distancé qui suscite plus de questions qu'il n'apporte de réponses mais dont le message d'ouverture et de tolérance nous laisse imaginer une fraternité possible entre Juifs et Palestiniens.