
L'été en Argentine, Jorgelina avait l'habitude de jouer avec sa soeur dans la « Boyita », la roulotte gérée au fond du jardin. Mais cette année, tout est différent : ses parents se séparent et sa soeur, désormais adolescente, devient une étrangère pour elle. Alors Jorgelina part à la campagne en quête de Mario, le fils des paysans voisins. Ensemble, ils découvrent les mystères de leurs identités sexuelles.

Filmer l'instant précis où l'enfance bascule dans l'adolescence n'a rien d'un exercice facile. Et pourtant, c'est le défi que tentera de relever ici la cinéaste argentine Julia Solomonoff à travers ce second long métrage tout en pudeur et en sobriété. Traitant de la puberté et des troubles de l'identité sexuelle avec une délicatesse lumineuse, la réalisatrice signe une chronique estivale toujours filmée à hauteur d'enfants et qui, entre indices subtils et silences pesants, distille sans aucun pathos les clefs d'une troublante révélation. Sans hystérie, sans cri, à peine quelques larmes échouées, Le Dernier été à la Boyita nous parle ainsi de l'amour et du désir, au rythme tranquille des questionnements de ses jeunes protagonistes, campés avec un naturel convaincant par les comédiens Guadalupe Alonso et Nicolas Treise. Délicate, juste et sans faux-pas, cette évocation solaire des affres de l'enfance a donc tout d'une franche réussite, que l'on recommandera sans réserve aucune aux plus sensibles des cinéphiles.