
La vie de Walter n'est plus ce qu'elle était. Déprimé, vivant au ralenti, il s'éloigne de sa famille et de ses proches. Sa femme finit par le chasser de la maison pour le bien de leurs enfants. Touchant le fond, il s'accroche malgré lui à une marionnette de castor trouvée un soir par hasard. Par jeu ou par désespoir, il utilise cette marionnette pour extérioriser toutes les choses qu'il n'ose pas dire à sa famille et ses collègues. La marionnette devient alors comme une nouvelle personnalité, un nouveau Walter, plus positif et sûr de lui. Rapidement il reprend le contrôle de sa vie mais découvre peu à peu qu'il ne peut plus vivre sans son castor. Parviendra-t-il à se débarrasser de lui ?

Adapté d'un scénario que le tout-Hollywood s'est arraché, cette réalisation de la comédienne et cinéaste Jodie Foster s'immisce au coeur d'une famille dysfonctionnelle, dans laquelle chacun des membres souffre d'un traumatisme mal digéré. S'intéressant plus particulièrement au personnage du père éminemment dépressif, cette comédie familiale douce-amère donne l'occasion au comédien Mel Gibson de livrer une prestation époustouflante d'intensité et de décalage. Ainsi, affublé d'une marionnette velue, l'acteur donne ici la pleine mesure de son talent, toujours dans un drame psychologique attachant et interrogeant tout en finesse la notion même de normalité. A ses côtés, les comédiens Anton Yelchin, Jodie Foster et Jennifer Lawrence parachèvent cette dissection in vivo d'une famille américaine, qui prend le temps d'explorer ses protagonistes pour mieux nous toucher au plus profond. Un film irrésistiblement étrange qui, entre malaise tragi-comique et situations absurdes prêtant à sourire, déploie une puissance émotionnelle universelle et bouleversante.