
Luna et Amar, jeune couple de Sarajevo, tentent de surmonter les obstacles inattendus qui menacent leur amour. Renvoyé de son travail pour alcoolisme, Amar croise, par hasard, un ancien camarade d'armée converti au wahhabisme qui lui propose un nouveau travail. Malgré les réticences de Luna, Amar accepte ce travail qui va pourtant les éloigner l'un de l'autre, tant moralement que physiquement. Au bout de quelque temps, sans aucune nouvelle d'Amar, Luna obtient l'autorisation de lui rendre visite sur son lieu de travail. Elle découvre alors une communauté bien à part, qui vit comme au siècle passé, sous surveillance...

Récompensée par un Ours d'Or à Berlin pour Sarajevo, mon amour, la réalisatrice Jasmila Zbanic livre une chronique désenchantée sur l'extrémisme religieux, que l'on pourrait sous-titrer Sarajevo mon désamour. Signant une oeuvre subtile et mesurée, qui ne jette la pierre à personne malgré son sujet brûlant, la cinéaste bosniaque réussit ici à donner corps à la dérive d'un homme, tout en restituant à l'écran la dissolution irrémédiable du couple. Hanté par le spectre de la guerre de Bosnie, Le Choix de Luna tisse ainsi la poignante métaphore d'un pays aux plaies toujours ouvertes et qui demeure à la merci de la moindre doctrine. Campé à l'écran par les comédiens Zrinka Cvitesic et Leon Lucev, ce couple en crise s'impose au fil du récit comme le symbole évident d'un pays au seuil d'un grand changement, hésitant entre traditions castratrices et modernité outrancière. Une oeuvre grave et profonde, portée de bout en bout par l'interprétation époustouflante de son actrice principale, littéralement touchée par la grâce.