
Désireux de se lancer dans la fabrication de fausse monnaie, Eric Masson, un petit truand, Charles Lepicard, un ancien tenancier de maison close, et Lucas Malvoisin, un homme d'affaires véreux, font appel au talent de graveur de Robert Mideau, dont la femme, Solange, est la maîtresse d'Eric. Mais la petite bande comprend très rapidement qu'elle ne peut faire l'économie d'un homme d'expérience pour superviser l'opération. Elle contacte alors Ferdinand Maréchal, dit « Le Dabe », un caïd rangé des voitures qui s'est établi éleveur de chevaux à Caracas. D'abord réticent, celui-ci finit par accepter et retrouve Paris après quinze années d'absence. Filé par deux policiers, il les sème à l'hippodrome de Vincennes et se rend chez Lepicard, à qui il expose ses exigences...

En 1961, un an après Les Vieux de la vieille, Jean Gabin retrouve une nouvelle fois son cinéaste préféré, Gilles Grangier, avec lequel il tournera douze films au total. Adapté d'un roman d'Albert Simonin, Le Cave se rebiffe marque également la septième et dernière collaboration entre l'acteur, qui campe ici un vrai caïd, et un autre monstre sacré, Bernard Blier. Ce dernier interprète quant à lui un bandit un peu veule, rôle qu'il reprendra deux ans plus tard dans Les Tontons flingueurs. Portée par les dialogues savoureux de Michel Audiard, cette comédie policière délirante et jubilatoire, à base de fausse monnaie et d'abus de confiance, bénéficie également de la présence des belles Martine Carol et Ginette Leclerc. Une réussite d'une joyeuse amoralité qui, à sa sortie, n'emporta pas l'adhésion de l'ensemble de la critique, mais connut un important succès public.