
Accompagné de son fidèle Alfred, le professeur Abronsius parcourt l'Europe à la recherche de vampires. Echouant dans une petite auberge perdue au milieu de la glaçante Transylvanie, les deux compères ne tardent pas à comprendre que les habitants de cette bourgade modeste vivent dans la peur du comte Krolock, vampire en quête permanente de cous tendres où lui et ses semblables pourront enfoncer leurs crocs acérés.

S'inspirant de l'esthétique des films du studio anglais Hammer, où l'hémoglobine se répand sur de généreuses poitrines, Roman Polanski manifestait en 1967 avec sa quatrième réalisation la volonté de « styliser un style ». Suivant cette intention bravache, le réalisateur de Rosemary's baby livre un chef d'oeuvre drôle, subversif, mais surtout terrifiant. Car derrière la multiplication de gags et autres situations absurdes parfaitement amenées et jamais anecdotiques, se dessine un tableau remarquablement mis en scène où l'espoir fuit vaincu vers un ciel noir. Cette victoire inéluctable du mal sur le bien, Polanski, enfant du ghetto de Cracovie devenu cinéaste mondialement reconnu, ne cessera par la suite de l'éprouver dans son oeuvre comme dans sa chair.