
En 1938, Guido, jeune homme plein de gaieté, rêve d'ouvrir une librairie, malgré les tracasseries de l'administration fasciste. Il tombe amoureux de Dora, institutrice étouffée par le conformisme familial et l'enlève le jour de ses fiançailles avec un bureaucrate du régime. Cinq ans plus tard, Guido et Dora ont un fils: Giosue. Mais les lois raciales sont entrées en vigueur. Guido est juif. Un jour, Dora rentre à la maison et ne trouve ni fils, ni mari. Ils ont été déportés. Par amour pour eux, Dora les suit dans le train qui les emmène.

Peut-on rire de tout et en particulier de la Shoah ? Oui, répond avec sincérité et pudeur cette fable hors normes du réalisateur trublion Roberto Benigni. Après les cinéastes Ernst Lubistch et Charlie Chaplin, c'est au tour du comique italien de faire preuve d'une incroyable audace artistique, contant ici avec humour et poésie, la formidable histoire d'amour entre un père et son fils, avant et pendant leur internement en camp de concentration. Toujours sur le fil de rasoir, ce long métrage qui s'apparente davantage à la comédie qu'au drame, sait néanmoins rester digne et ne cherche jamais à banaliser l'horreur des camps de la mort. Récompensé par une pléiade de prix internationaux, parmi lesquels le Grand Prix du jury à Cannes et trois Oscars dont celui du Meilleur film étranger, La Vie est belle est un film majeur et l'oeuvre aboutie d'un clown génial, qui réussit le temps d'une pellicule à tenir en respect la barbarie.