
Une nuit, plusieurs cerfs se jettent inexplicablement sur la clôture électrique d'une ferme. Apercevant de profondes traces de morsures sur les cadavres, les propriétaires comprennent qu'un prédateur sévit dans les bois alentours. Décidés à le chasser, ils s'enfoncent dans la forêt voisine et constatent, stupéfaits, que la nature environnante se meurt, ravagée par un mal inconnu. Alors que le soleil décline, des hurlements retentissent autour d'eux. Les chasseurs sont devenus les proies...

La valeur de l'horreur n'attend pas le nombre des années. C'est ce que l'on ne cesse de se répéter en découvrant La Traque, premier long métrage bluffant du jeune réalisateur Antoine Blossier. Car ici, jeunesse ne rime pas avec absence de maîtrise ou timidité. Le geste est sûr et le geste est fort. Percutant même, tant ce film d'horreur parvient à captiver et à surprendre grâce à une économie de moyens et un travail sur la photographie particulièrement léché. Au diapason de ce tour de force qui emprunte autant aux grands classiques du genre qu'à des jeux vidéo tel Resident Evil 4, les acteurs Grégoire Colin (35 Rhums, Sex Is Comedy) et Bérénice Bejo (The Artist, OSS 117) exécutent leur partition tendue avec conviction et vigueur.