
Joe Ross, jeune inventeur d'un mysterieux procede susceptible de faire la fortune de ses employeurs, est inquiet et craint de se faire avoir par ces derniers. Une rencontre, apparemment fortuite, avec l'homme d'affaires Jimmy Dell renforcant ses doutes, Joe tente une contre-manoeuvre perilleuse, hatee par les reticences et la froideur de son patron. Les evenements se precipitent alors, entrainant l'inventeur trop credule dans un dedale de faux-semblants, de violences feutrees et de trahisons.

Dans la droite lignée de son premier long métrage Engrenages, le réalisateur David Mamet livre, avec La Prisonnière espagnole, un thriller passionnant, nous égarant avec délectation au sein de son intrigue parfaitement huilée et distillant à chaque plan un suspens haletant. Emmené avec brio par la prestation des comédiens Campbell Scott, Ben Gazzara et Steve Martin, étonnamment juste dans un registre qui lui est pourtant peu familier, La Prisonnière espagnole est une nouvelle démonstration de la maîtrise formelle du cinéaste, alliant toujours à la perfection scénario machiavélique et réalisation virtuose. Un voyage oppressant à travers une des plus belles arnaques jamais montées, à condition bien sûr d'accepter de se laisser mener par le bout du nez.