
C'est une histoire de coeur. Celui d'Edmond n'est plus très solide. Mais il bat au rythme d'une indépendance farouche, celle qui lui fait refuser l'idée d'entrer en maison de retraite, celle qui le pousse à refuser les soins de Rose, qu'on lui envoie comme infirmière à domicile. Papy fait de la résistance? La jeune femme lui tient tête. Elle sait le tumulte qui saisit un coeur quand il faut accepter l'inacceptable. Le sien n'est pas encore remis. Un jour, une mauvaise chute oblige Edmond à accepter l'aide de Rose...

Pour leur premier long métrage, les deux cinéastes helvètes Stéphanie Chual et Véronique Raymond signent une oeuvre sensible qui n'hésite pas à aborder tout en finesse des questions aussi douloureuses que celle de la perte d'autonomie ou de la disparition d'un être cher. Mais le véritable sujet de La Petite chambre est ailleurs. Il réside dans la mise en scène délicate d'un sauvetage mutuel, celui de deux êtres que pourtant tout oppose. En l'occurrence, un vieux monsieur acariâtre et sa jeune infirmière, brisée par la mort de son fils. Campé à l'écran par l'interprétation époustouflante de naturel des comédiens Michel Bouquet et Florence Loiret-Caille, cet improbable duo s'accorde merveilleusement sous nos yeux, à travers des dialogues ciselés dont les répliques à couteaux tirés nous arracheront autant de larmes de rire que d'émotion. Une fable moderne bouleversante.