
Don Giulio, jeune prêtre, quitte la petite île où il officiait depuis dix ans. Il vient d'être nommé dans une paroisse de Rome, sa ville natale. Là il retrouve ses parents et ses vieux amis. Il découvre des gens névrosés, engagés dans des voies de garage aussi diverses les unes que les autres: terrorisme, claustrophobie, mysticisme. Il se tourne alors vers sa famille. Mais elle est désunie et personne ne veut de son aide.

Avec La Messe est finie, le cinéaste italien Nanni Moretti abandonne son double de cinéma - le Michele Apicella de ses films précédents - pour prendre, qui l'eût crû, l'habit noir de la soutane. Mais sous cette défroque inédite dans le cinéma de Moretti, on retrouve le même besoin irrépressible de s'immiscer dans la vie des gens, ainsi qu'une hilarante incapacité à les voir s'égarer sans intervenir. Porté par l'interprétation toujours impeccable du comédien Nanni Moretti, ce nouveau héros reste aussi colérique qu'intransigeant et ne manque pas de nous faire rire aux larmes dans sa quête éperdue du bonheur des autres, dût-elle se faire sans leur consentement. Mais Nanni Moretti ne fait pas tourner son film autour du seul personnage de Don Giulio, celui-ci servant avant tout de révélateur à une galerie de personnages qui, campés par les comédiens Margarita Lozano, Ferruccio de Ceresa, Enrica Maria Modugno et Marco Messeri, se révèlent aussi vivants et touchants les uns que les autres. Une réflexion sur la vie et l'amour pétrie d'humanité, et sans nul doute l'un des plus beaux films de son indispensable auteur.