
Leïla, après cinq années de prison, retrouve la liberté. Elle va rencontrer Yannick, un jeune athlète qui vient de perdre la vue dans un accident. La seule discipline que celui-ci peut pratiquer avec son handicap, c'est la course. Mais avec un guide, auquel il est attaché, par un fil, le temps de l'entraînement. Ce sera en l'occurrence, une guide : Leïla, elle-même athlète de haut niveau dans sa vie d'avant. Leïla se tait sur son passé. Yannick, étouffé par les marques de compassion de son entourage, va s'arranger de ce silence. L'entraînement, et puis les projets de compétition vont les aider à se reconstruire, l'un avec l'autre. Mais il y a des histoires passées qui ne vous lâchent pas, et des sentiments présents, des mouvements du coeur, qui bouleversent les trajectoires. Il faudra en passer par là pour un jour entrer dans la ligne droite.

Pour son nouveau long métrage, le cinéaste et authentique passionné d'athlétisme Régis Wargnier signe un haletant thriller. Il nous propulse sans ménagement dans l'univers encore trop méconnu du handisport. Armé d'une mise en scène enlevée et d'un scénario qui fonce droit à l'essentiel, La Ligne droite distille, entre ses séquences de courses virtuoses, une intrigue dynamique et intense qui nous laissera le souffle court. Emmené sur les chapeaux de roues par un tandem explosif constitué des comédiens Rachida Brakni et Cyril Descours, tous deux aussi précis qu'impressionnants, ce nouvel opus du réalisateur d'Indochine évite soigneusement l'écueil du pathos et des clichés à tout va. Une belle histoire de rédemption, sans cesse magnifiée par l'envoûtante bande originale de Patrick Doyle, et portée de bout en bout par la sincérité évidente de son metteur en scène.