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LA FLEUR DU MAL

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L'histoire

La culpabilité peut-elle se transmettre, comme certaines maladies, de génération en génération ? Quels effets une faute non expiée peut-elle avoir pour le coupable mais aussi pour ses descendants et sa famille ? A la fin de la Deuxième Guerre mondiale, dans l'atmosphère délétère des règlements de compte liés à la collaboration, une femme est acquittée d'un crime qu'elle aurait peut-être commis. De nos jours, pendant les dernières élections municipales, un tract anonyme adressé à ses descendants vient faire ressurgir ce trouble passé...

A propos du film

En province, une famille bourgeoise et un crime. Pour La Fleur du mal, tous les éléments d'un bon Chabrol sont réunis à l'écran. Cette fois, pour corser le tout, le cinéaste à l'ironie mordante y adjoint en plus une référence à l'Occupation, période de tous les troubles et de tous les secrets. Toujours aussi malicieux et virtuose dans sa maîtrise de la mise en scène, Claude Chabrol livre comme à son habitude un portrait au vitriol de la grande bourgeoisie française, nous égarant avec talent dans son intrigue sans dénouement, où la culpabilité reste diffuse et la frontière entre bien et mal toujours incertaine. Un très bon cru chabrolien habité par les comédiens Nathalie Baye, Benoît Magimel et Suzanne Flon.

Comme à son habitude, Chabrol raconte la bourgeoisie. Il la filme ici dans une spirale tragique : le père, figure perdue, coureur de jupons, est haï par tous. Et c'est cette haine qui interroge : est-elle le reflet de la déchéance du patriarche ou n'est-elle que la répétition du schéma névrotique des précédentes générations ? Nous proposant, au passage, une vision cynique du monde politique et du rêve américain, Chabrol éclaire un casting impeccable et nous offre, une fois de plus, un film solide.