
Placé par mesure de protection dans une famille d'accueil, Khamsa, 11 ans, fugue pour retrouver le camp gitan qui l'a vu naître. Rien ne semble avoir changé depuis son départ : les plongeons dans le chantier naval de l'Estaque, les parties de cartes nocturnes... Avec son cousin, le nain Tony, Khamsa rêve de faire fortune avec les combats de coqs. En attendant, il fait les quatre cents coups avec Coyote, son ami d'enfance. Avec lui, il rencontre Rachitique, un jeune Arabe d'une cité voisine. Très vite, le trio inconscient passe du vol de scooter au cambriolage de maison. Il a beau embrasser la petite main de Fatma qu'il porte toujours autour du cou, la protection et le bonheur qu'elle est censée lui apporter ne sont pas au rendez-vous. Khamsa ne souhaite qu'une seule chose : trouver sa place dans un monde qui se passe de lui...

Avec Khamsa, le réalisateur Karim Dridi part à la rencontre d'une réalité sociale éprouvante, celle de ces camps de gitans cantonnés aux portes de Marseille. Mais au-delà de son aspect documentaire, ce film n'oublie pas pour autant de nous raconter une histoire, celle d'un enfant abandonné et d'un exclu parmi les exclus. En suivant pas à pas le parcours initiatique de cet apprenti délinquant, le cinéaste tisse une émouvante chronique de l'enfance, sans cesse rehaussée par des plans en scope d'une beauté paradoxale et littéralement habitée par des acteurs amateurs exceptionnels. Seul acteur professionnel, l'intense Simon Abkarian complète ce casting réaliste pour une plongée dans les bas-fonds. Une oeuvre rare, véritable bijou de justesse et d'humanisme.