
Tandis qu'il sent sa vitalité s'enfuir inexorablement, Joey, vieil écrivain américain, voyage à travers sa mémoire. Là, il y retrouve des sensations perdues : celles de sa jeunesse dans le Paris des années trente. A l'époque lui et son inséparable ami Carl passaient de femmes en femmes et de lupanars en bars borgnes. Dans ce monde de sensations pures, rien ne pouvait les atteindre, ils étaient invincibles.

En transposant à l'écran cette oeuvre de Henry Miller, le cinéaste Claude Chabrol trouve ici la matière à une évocation libre et toute en sensualité de la dérive de l'écrivain dans le Paris canaille des Années folles. Long métrage à part dans la filmographie de l'auteur de La Cérémonie, Jours tranquilles à Clichy évite les pièges tendus par tout projet d'adaptation d'un livre au cinéma, en l'occurrence, la frilosité et la révérence. Jamais sage ou complaisant, Chabrol s'amuse à imaginer la vie de ce génie littéraire en devenir à travers son épicurisme et son amour des jeunes femmes. En résulte alors un portrait vivifiant et espiègle d'un homme qui aura toujours placé la jouissance et le plaisir au-dessus de tout.