
Peu après la naissance de sa petite soeur, Joshua, un enfant surdoué, se replie en lui-même. Il sourit peu, s'agite encore moins, donne à ses parents Brad et Abby l'impression qu'il est un adulte dans le corps d'un enfant. Il y a pire : Joshua a tendance à faire des déclarations intempestives et à disséquer ses animaux en peluche, entre autres comportements inquiétants. Lorsque le nouveau-né se met à pleurer nuit et jour, les nerfs d'Abby flanchent. Brad se voit alors obligé de prendre congé de son travail pour s'occuper des enfants. Les choses ne font toutefois que s'empirer, la famille étant accablée par divers malheurs dont Joshua semble être l'auteur.

Pour son troisième long métrage, le réalisateur George Ratliff a choisi d'explorer les mécanismes de la manipulation, détaillée ici sous ses aspects les plus quotidiens et les plus effrayants. Armé d'une esthétique et d'une trame narrative réalistes, le cinéaste évite soigneusement les ficelles du spectaculaire pour mieux flirter aux limites du genre, entre film fantastique et thriller psychologique. Plongeant ses spectateurs dans une angoisse permanente, ce conte horrifique aux accents hitchcockiens bénéficie de la prestation époustouflante du jeune comédien Jacob Kogan, admirablement secondé des acteurs Sam Rockwell et Vera Farmiga, qui campent à ravir ses parents prisonniers d'une spirale vertigineuse. Un film troublant et malsain, subtil équilibre dont la noirceur n'a pas fini de vous terrifier.