
La veille du 10 mai 1981, Primo et Gabrielle, 18 ans, se rencontrent. Elle fait partie de la bourgeoisie parisienne. Lui est fils de petits commerçants de province. Ébloui par le charme de Gabrielle et des filles qui l'entourent, Primo bluffe. Il s'invente un nouveau pedigree, ment beaucoup, et compense le vide de ses poches à coup d'audace et d'imagination.

Pour son premier long métrage, le réalisateur Frédéric Louf créé la surprise en signant une savoureuse comédie d'initiation sentimentale qui tente de nous immerger corps et âmes trente ans en arrière, lors de l'arrivée de François Mitterrand au pouvoir. Et sans en rajouter dans l'esthétique vintage ni la reconstitution à outrance, le cinéaste remplit ici pleinement son pari, en ressuscitant parfaitement à l'écran l'élan comme les espoirs d'une époque désormais révolue. Exprimant ainsi à merveille l'ivresse des possibles qui anime son jeune provincial de héros, Frédéric Louf convoque face à sa caméra un casting au diapason, en tête duquel se distingue notamment le comédien Pierre Niney. Exprimant à la perfection l'audace comme la fragilité de son personnage, l'époustouflant benjamin de la Comédie-Française séduit ici d'emblée, en conduisant sur les chapeaux de roues ce récit subtil qui n'hésite cependant pas à multiplier les rebondissements burlesques. Un film rare et maîtrisé qui réussit, sans faux pas, à explorer le lien ténu entre dérision et idéalisme. A voir