
Un agent des services secrets entreprend de traquer le tueur de son amie, en éliminant les suspects identifiés par la police. Il a fait un serment : soumettre le meurtrier aux mêmes tortures que celles subies par sa fiancée...

Depuis qu'il a commencé à faire du cinéma, le réalisateur Kim Jee-Woon passe pour un cinéaste flamboyant qui revisite habilement les genres dans la perspective de séduire une nouvelle génération de spectateurs. Western, comédie noire ou fantastique, tous les registres sont ainsi passés à la moulinette du metteur en scène coréen. Avec J'ai rencontré le diable, Kim Jee-Woon ne fait pas mentir sa réputation. Il livre un thriller nihiliste et extrême, qui revivifie le genre avec une fougue et une originalité des plus communicatives. Crânes défoncés, têtes tranchées, viols ou scènes de cannibalisme, la brutalité décomplexée de ce long métrage est telle, qu'elle lui a même valu une interdiction aux moins de 18 ans dans son pays d'origine. Pour autant, cet époustouflant polar venu du pays du matin calme ne cède pas aux sirènes commerciales de la violence gratuite, en préférant au contraire s'intéresser aux motivations mêmes de la violence plutôt qu'à son exploitation graphique. Et pour habiter ce film hommage, à un genre que le cinéma coréen a littéralement régénéré ces dernières années, Kim Jee-Woon convoque face à sa caméra une distribution à la hauteur de ses ambitions. En tête du casting, les deux stars emblématiques que sont Lee Byung-hun et Choi Min-Sik offrent une performance aussi impressionnante que mémorable au service d'un fascinant jeu du chat et de la souris. Une oeuvre coup-de-poing, à ne pas mettre entre toutes les mains. Et sans contestation possible, le film le plus abouti du génial Kim Jee-Woon.