
Angie n'a peut-être pas fait d'études, mais elle est jeune, énergique et ambitieuse. Elle a connu des moments difficiles, mais cette fois, elle est bien décidée à avoir sa part du gâteau. Avec sa colocataire Rose, Angie monte un cabinet de recrutement. Elle évolue désormais dans le monde nébuleux des agences pour l'emploi, des contremaîtres et des ouvriers immigrés, au coeur du miracle économique anglo-saxon.

Après sa grande fresque historique Le Vent se lève, Palme d'or à Cannes en 2006, le réalisateur britannique Ken Loach revient à son genre de prédilection - la chronique sociale - et lance un nouveau pavé dans la mare en pointant du doigt le monde du travail et ses dérives. Et c'est à travers le portrait ambigu d'une jeune femme formidablement interprétée par Kierston Wareing, la révélation du film, que ce pourfendeur d'injustices dénonce l'exploitation des travailleurs immigrés clandestins, mais aussi celle des pauvres par les pauvres. Nous interrogeant de manière vigoureuse sur les conséquences du libéralisme, Ken Loach, avec ce film radical, confie sa vision de l'esclavagisme moderne dans une fable noire et sans concession.