
Née à Genève en 1877, d'un père pope orthodoxe et d'une mère convertie à l'Islam, Isabelle Eberhardt passe une enfance austère et solitaire. Elle apprend l'arabe et, très vite, pour échapper au despotisme paternel, elle cède à sa fascination pour les contrées exotiques et embarque pour l'Afrique du Nord. Là, elle commence à écrire pour un journal local. Mais rapidement, son style d'écriture et son train de vie font scandale : elle s'enivre, fume du kif et finit souvent la nuit avec un indigène. La société coloniale française voit d'un fort mauvais oeil sa conduite, ses vêtements masculins et sa nouvelle identité de Si Mahmoud Essadi...

Femme écrivain calomniée de son vivant, reconnue et encensée après sa disparition, l'insaisissable Isabelle Eberhardt mena une existence pour le moins atypique. Grâce à ce film, ceux qui ne connaissent pas (ou pas bien) cette poétesse-aventurière pourront découvrir sa vie mouvementée et sulfureuse que le réalisateur australien Ian Pringle évoque avec fascination. Mathilda May, dans le rôle-titre, est entourée de Tchéky Karyo et Peter O'Toole qui, près de trente ans après Lawrence d'Arabie, retrouve le désert pour un nouveau biopic ; celui d'une femme énigmatique et complexe, obsédée par sa quête de liberté absolue et sa volonté farouche de combattre l'injustice et la suffisance.