
Irène et le cinéaste. Relation forte et en même temps pleine d'ombres. Irène disparaît. Reste un journal intime retrouvé des années après. Une fraîcheur. Une attirance. Un danger. Comment faire un film ?

Depuis ses débuts il y a trente ans, le réalisateur Alain Cavalier s'est peu à peu détourné du cinéma traditionnel pour réduire sa démarche cinématographique à l'essentiel. A savoir la stricte observation, attentive et commentée, de sa propre vie et de bribes de celles alentour. Tournant seul, caméra numérique au poing, Alain Cavalier illumine nos écrans avec Irène, un opus réalisé selon son saisissant dispositif. Présenté au festival de Cannes en 2009 dans la sélection Un Certain Regard, cet émouvant long métrage qui tient à la fois du journal intime et du cinéma épistolaire sonde à l'écran le souvenir d'Irène, celle qui fut l'épouse du réalisateur jusqu'à son mortel accident en 1972. Qu'y filme au juste Alain Cavalier ? Des objets chargés d'histoire, des décors, des empreintes d'une lointaine présence, collectant ainsi des indices pour dessiner un portrait poétique de la chère disparue. Un film envoûtant et tragique à la fois qui, en traduisant à l'écran la perte d'un être aimé, interroge la nature même du cinéma et sa faculté à capter ce qui bientôt ne sera plus. Poignant de bout en bout.