
Un cinéaste cherche un sujet de film. Au hasard de ses rencontres, il commence à douter de son sujet, de son talent et même de l'utilité de faire un film. Il s'évade parfois en rêve et décide finalement d'annuler son projet. C'est alors qu'il reconnaît tous les gens dont il a rêvé. Il sait qu'il a enfin trouvé son sujet.

En 1962, deux ans après l'un des ses plus beaux chefs-d'oeuvre, La Dolce vita, le metteur en scène Federico Fellini retrouve l'acteur Marcello Mastroianni pour Huit et demi, un drame aux accents autobiographiques. Car il ne fait aucun doute que le personnage principal, réalisateur d'une quarantaine d'années en pleine crise d'inspiration, s'apparente au double de Fellini. Autour du thème du processus de création, le cinéaste nous plonge dans les rêveries, les fantasmes et les hallucinations de son protagoniste, signant là quelques séquences oniriques magistrales. Résultat : un récit poignant, sincère, tourné dans un somptueux noir et blanc et magnifié par l'inoubliable musique signée Nino Rota.