
Henry ne peut s'en empêcher : il faut qu'il truande, qu'il magouille, qu'il complote... Il n'y peut rien, c'est sa nature ! Coups tordus, compromissions, mensonges, trahisons sont le quotidien de ce guitariste de bal populaire de province. Et rien ne lui répugne : faire interner sa soeur dépressive, spolier la mère éplorée d'un ami décédé, se compromettre avec un parti d'extrême droite...

Après ses camarades Bruno Delépine et Gustave Kervern, c'est au tour de l'exécrable journaliste grolandais et désormais réalisateur Francis Kuntz, de transposer sur grand écran son humour excessivement grinçant. Epaulé par son complice Pascal Rémy, le cinéaste livre ici une suite de sketchs souvent bêtes et méchants mais excessivement drôles. Un long métrage au charme artisanal en perpétuel équilibre entre farce trash et caricature sociale. Interprété par le réalisateur en personne, ce personnage de naze chevronné se fout royalement de tout, et finit par fasciner à un tel point qu'on se détache de toute valeur morale pour jouir pleinement du spectacle de ce misanthrope en roue libre. Reconversion réussie donc pour ce transfuge grolandais, qui se pose en hériter de Jean Yanne dont il perpétue à merveille l'esprit frondeur et une salutaire absence de pudeur.