
Ancien marine à la retraite, Harry Brown vit dans un quartier difficile de Londres. Témoin de la violence quotidienne engendrée par les trafics de toutes sortes, il évite soigneusement toute confrontation et invite son vieil ami Leonard à en faire de même. Le jour où l'inspectrice Frampton lui annonce le meurtre de Leonard, Harry, dévasté, ne peut que constater l'impuissance de la police. Un soir, en rentrant du pub, il se retrouve face à un junkie qui le menace d'un couteau. Malgré les effets de l'alcool, Harry retrouve d'anciens réflexes...

Avec Harry Brown, le jeune cinéaste Daniel Barber signe un polar aussi intense qu'haletant, en nous proposant une plongée d'une noirceur extrême dans les bas quartiers de Londres où cohabitent sans distinction la drogue, le sexe et la mort. Dans la droite lignée des « vigilante movies » et autres films de vengeance, cette authentique croisade urbaine déploie ainsi à l'écran des scènes d'une violence insoutenable, toujours mises au profit d'un récit dont la cadence infernale n'aura d'égale qu'une crudité spectaculaire et assumée. Pour cet hommage décomplexé aux films d'exploitation des années 70, le réalisateur britannique a su convoquer un casting des plus convaincants, emmené avec énergie par les comédiens Emily Mortimer, Charlie Creed-Miles et par le charismatique Michael Caine, qui retrouve enfin ici un rôle à la mesure de son immense talent. Spectacle viscéral distillant un malaise permanent de son plan d'ouverture jusqu'à son clap de fin, Harry Brown est une véritable pépite de noirceur qui relève allègrement son pari : celui de nous choquer et de nous interloquer pour livrer en sous-texte une méditation désabusée sur la violence de nos contemporains.