
Rachel est chef d'atelier dans une boutique de bijoux. En préparant un Salon, elle rencontre Vincent. Séduite par son franc-parler, elle organise un dîner avec leurs conjoints respectifs, Franck et Teri. Les deux couples ont à peine le temps de devenir amis qu'ils tombent presque aussitôt amoureux. Sans l'avoir cherché, très naturellement, les nouveaux amants deviennent inséparables. Ils tentent de ne pas se mentir, gardent le secret devant les enfants et tout continue, presque comme avant. Mais la confusion s'installe, les sentiments s'emmêlent . Accords tacites et non-dits se confrontent bientôt à la vraie vie...

Après son remarqué Douches froides, le réalisateur Antony Cordier a choisi de tenir le cap d'un cinéma exigeant et toujours convaincant dans sa façon d'aller dans le vif du sujet. Revendiquant ouvertement les influences des cinéastes Claude Sautet ou d'André Téchiné, Happy Few traite ainsi hardiment de la transgression sexuelle au sein du couple, en renouant pour l'occasion avec ce que le cinéma français a de meilleur, à savoir l'intime, l'érotisation des corps et un âpre réalisme. Mais cette ode à la joie d'aimer doit avant tout beaucoup à son quatuor d'interprètes, les formidables Marina Foïs, Roschdy Zem, Elodie Bouchez et Nicolas Duvauchelle, qui portent littéralement sur leurs épaules cette audacieuse tentative d'utopie amoureuse. Comment trouver le courage d'inventer collectivement une autre vie ? C'est la grande question politique qu'ose poser avec beaucoup de sensualité et de lucidité Happy Few, dans une époque plus morale qu'il n'y parait.