
Au début des années trente, dans une Angleterre fortement marquée par les inégalités de classe, une famille d'aristocrates avec à sa tête la maîtresse de maison, Lady Sylvia McCordle, organise une partie de chasse au cours de laquelle son mari Sir William McCordle est retrouvé poignardé. Cet assassinat va bouleverser l'ordre établi et révéler la complexité des liens entre les maîtres et leurs serviteurs. L'inspecteur Thompson mène l'enquête.

Avec Gosford Park, le cinéaste Robert Altman relève haut la main le défi du film en costumes, en nous offrant un authentique film choral qui réunit tous les éléments d'un huis clos à la façon d'Agatha Christie. Armé de décors somptueux et d'un casting impérial, en tête duquel s'illustrent particulièrement les comédiens Maggie Smith, Alan Bates et Helen Mirren, le cinéaste britannique prend un malin plaisir à mettre sur la sellette chacun de ses personnages fouillés, au profit d'une élégante enquête. En nous entraînant ainsi à la découverte des secrets d'alcôves d'une grande demeure britannique et des relations étroites unissant maîtres et domestiques, Robert Altman brosse un portrait souvent très juste de ces deux milieux, tout en livrant au passage une savoureuse critique sociale qui ne dit jamais vraiment son nom. Un film tout en pudeur, lourd de violences étouffées, mais brillant par ses dialogues fusants et aiguisés. Une expérience d'anthropologie grandeur nature et un vrai bijou de mise en scène, à voir et à revoir.