
En 1967, au camp d'entraînement de Parris Island en Caroline du Sud, le sadique sergent instructeur Hartman a pour mission de transformer de jeunes Marines en véritables machines à tuer. Et ce jusqu'à leur terrible baptême du feu, la sanglante offensive du Tet a Hue au Vietnam.

Dans les salles obscures, seulement quelques mois après l'oscarisé Platoon, ce cultissime long métrage du réalisateur Stanley Kubrick préférait, à la vision sentimentale et parfois même romantique de son prédécesseur, une mise en exergue du phénomène même de la guerre et de son impitoyable pouvoir d'annihilation sur l'homme. Libre adaptation du roman de l'écrivain Gustav Hasford, ce long métrage du maître Stanley Kubrick se divise ainsi, à la manière du chef-d'oeuvre Orange Mécanique, en deux parties bien distinctes mais d'une intensité toujours égale. Du camp d'entraînement à l'enfer vert de la jungle vietnamienne, Full Metal Jacket bénéficie également à chaque plan de l'interprétation magistrale d'un casting à propos, brillement emmené par les comédiens Matthew Modine, Adam Baldwin, Vincent D'Onofrio et par l'incroyable Lee Ermey qui devait changer à jamais l'image du sergent instructeur dans l'inconscient collectif. Armé d'une mise en scène incisive et habillé d'un réalisme saisissant, ce brillant manifeste antimilitariste n'a rien perdu de sa force ni de son actualité et continue, plus de vingt ans après sa sortie, à enfoncer le clou d'un discours pacifiste martelé par Kubrick à travers ses films Docteur Folamour ou Les Sentiers de la Gloire. A voir ou à revoir.