
Issue d'une famille de nomades somaliens, Waris connaît une enfance rude mais heureuse car entourée des siens. Mais quand son père décide de la marier à l'âge de 13 ans, Waris prend la fuite. Traversant le désert au péril de sa vie, elle atteint la ville de Mogadiscio et retrouve sa grand-mère. Cette dernière lui fait quitter le pays en lui trouvant un poste de « bonne à tout faire » à l'ambassade de Somalie à Londres. Waris y travaille pendant six ans, telle une esclave, totalement recluse et coupée du monde extérieur. Quand la guerre civile éclate en Somalie, l'ambassade ferme. Waris se retrouve livrée à elle-même dans les rues de Londres, ne sachant pas un mot d'anglais. C'est alors qu'elle rencontre Marilyn avec qui elle se lie d'amitié. Cette jeune femme, délurée et originale, l'héberge et l'aide à trouver un emploi. Travaillant dans un fast-food, Waris est remarquée par un célèbre photographe de mode...

En adaptant pour le grand écran le récit autobiographique du mannequin Waris Dirie, aujourd'hui ambassadrice de l'ONU contre les mutilations sexuelles, la cinéaste Sherry Hormann a mis en images une existence proprement hors du commun. En effet, née dans le désert somalien d'où elle a fui un mariage forcé, Waris Dirie s'est ensuite retrouvée esclave à Londres avant de devenir top-modèle et actrice dans les années 90. Une success-story aussi poignante qu'extraordinaire, dopée par la réalisation énergique de Sherry Hormann et habitée à chaque plan par la prestation bluffante de la comédienne Liya Kebede qui campe à merveille cette icône militante. Ainsi, sous ses dehors de conte de fées moderne, Fleur du désert parvient à illustrer avec émotion l'insoutenable violence faite aux femmes, pour un vibrant plaidoyer contre l'excision. Une véritable leçon de vie dont on ressortira ébranlé.