
Français vivant à Los Angeles avec sa femme et ses enfants, Thierry Guetta, filmeur compulsif, a suivi avec sa caméra, de 2001 à 2008, les plus grands graffiteurs du monde. Parmi eux, Banksy, un célèbre artiste conceptuel britannique dont on n'a jamais vu le vrai visage. Encouragé par ce dernier, Guetta se met lui aussi à créer des graffiti, sous le pseudonyme de Mr. Brainwash. Et se prenant au jeu, il organise une ambitieuse exposition de ses oeuvres à Los Angeles, inspirée largement d'une extravagante manifestation montée quelques années plus tôt par Banksy. Lequel documente à son tour les exploits et les déboires de son ami...

Avec son titre original en forme de boutade, que l'on pourrait traduire par « La sortie se fait par la boutique », ce vrai-faux documentaire annonce d'entrée la couleur. Présenté comme une immersion dans l'univers du street art réalisée par l'artiste Banksy, l'un des membres les plus éminents et les plus énigmatiques du mouvement, Faites le mur opère en fait en deux temps une saisissante démonstration sur la marchandisation de l'art. Composé d'un montage d'images saisies sur le vif et qui restituent parfaitement l'atmosphère de guérilla urbaine des activistes de la bombe, le long métrage part d'abord à la rencontre des plus grands noms de la discipline. On y croise ainsi pêle-mêle Space Invaders, Zevs, André ou encore Shepard Fairey, avant de se concentrer dans une seconde partie sur la personnalité effrayante de son narrateur Thierry Guetta. Incarnation même du mal qui frappe le milieu de l'art contemporain, cet encombrant frenchy, devenu au fil des plans un authentique commercial, fera ainsi office de support rêvé à une satire vitriolesque sur la marchandisation du street art. Un « documenteur » hilarant et édifiant, qui manie à ravir la supercherie pour tenter de percer à sa manière l'énigme de l'art contemporain.