
Photographes de guerre chevronnés, Mark et David sont en mission au Kurdistan. Tandis que le premier décide de rester sur place quelques jours encore en quête du cliché susceptible de le rendre célèbre, le second ne supporte plus la violence et le désespoir quotidiens. Surtout, il veut rentrer pour retrouver sa femme Diane, qui attend un enfant. Grièvement blessé, Mark échoue dans un hôpital de campagne, avant d'être rapatrié à Dublin, où il apprend que David, lui, a disparu...

Avec Eyes Of War, adapté du roman Triage de Scott Anderson, le réalisateur Danis Tanovic creuse un peu plus le sillon entamé avec son incroyable réussite No Man's Land, et rend compte du quotidien hors-normes des reporters de guerre. L'ouverture de ce récit renvoie d'ailleurs à la fin de No Man's Land, où un homme couché sur une mine exprimait à lui tout seul l'absurdité de la guerre. Inspiré par le parcours du cinéaste comme documentariste pendant le conflit en Bosnie, Eyes Of War a été porté à l'écran grâce à l'engagement de Colin Farrell. Le film nous immerge sans concession dans les heures sombres de cette profession, et réussit à éviter l'écueil du pathos comme de la surenchère pyrotechnique. La sobriété de la mise en scène fait ainsi brillement écho aux les interprétations saisissantes de Christopher Lee, Paz Vega et un Colin Farrell terriblement amaigri. Une expérience forte et marquante, doublée d'un hommage émouvant et contrasté au métier de reporter de guerre.