
Mateo Blanco était un brillant cinéaste. Mais c'était avant un grave accident de voiture, il y a quatorze ans. Non seulement il y laissa la vue, mais aussi sa bien-aimée, Lena. Depuis qu'il ne peut plus réaliser, il refuse de se faire appeler Mateo. Seul Harry Caine, pseudonyme sous lequel il signe ses travaux littéraires, survit. Avec l'aide de sa très fidèle directrice de production, Judit, et du fils de celle-ci, Diego, à la fois secrétaire, dactylographe et guide d'aveugle, il continue à écrire des scénarios. Lorsque Diego a un accident, Harry le veille, lui raconte des histoires. Dont celle de Mateo, une histoire d'amour fou, dominée par la fatalité, la jalousie et la trahison...

Trois ans après Volver, Pedro Almodóvar met en scène un mélodrame flamboyant qui marque la quatrième collaboration du cinéaste espagnol avec sa muse Penélope Cruz. Sublime en amoureuse tragique, l'actrice incarne ici une femme fatale malmenée par la vie dans un long métrage beau et grave qui, à travers le récit d'une passion interdite, souligne avec finesse les faiblesses humaines. Film dans le film dont on admire la construction brillante en forme de puzzle, Les Étreintes brisées séduit par son inventivité et sa charge d'émotions. Possession, love story désespérée, personnages bigarrés. On retrouve ici l'essence même du cinéma d'Almodóvar pour une magnifique déclaration d'amour à une actrice, mais aussi et surtout au 7e art.