
Capturé par les forces américaines en Afghanistan, Mohammed est envoyé dans un centre de détention tenu secret. Lors d'un transfert, il réchappe d'un accident et se retrouve en fuite dans une forêt inconnue. Traqué sans relâche par une armée sans existence officielle, Mohammed fera tout pour assurer sa survie.

Pour ce long métrage récompensé à la Mostra de Venise, le cinéaste Jerzy Skolimowski lorgne ouvertement du côté du cinéma indépendant des années 70, en signant un film hybride qui parvient à réconcilier magistralement le cinéma d'action avec une certaine idée du cinéma d'auteur. Déployant à l'écran le récit envoûtant d'une incroyable chasse à l'homme, le metteur en scène polonais adopte avec finesse les codes du « survival » pour mieux mettre en scène une errance psychologique. Un véritable chemin de croix habité de bout en bout par le comédien Vincent Gallo. Habitué à diriger des acteurs difficiles, Jerzy Skolimowski ne pouvait pas trouver plus viscéral que Vincent Gallo qui, avec son visage émacié, son corps décharné et ses yeux effarés, porte littéralement le film sur ses seules épaules. Les paysages enneigés et grandioses viennent ajouter une dimension oppressante à cette fuite désespérée qui, de rencontres fortuites en évènements tragiques, se mue au fil des plans en une saisissante parabole religieuse nous interrogeant sur notre part de bestialité et d'humanité.