
Françoise, soixante-six ans, revient à Toulon après vingt ans d'absence. Avant de retrouver sa famille, elle se remémore la Guerre et l'Occupation. Son mari, dénoncé comme collaborateur, fut assassiné à la Libération. Françoise soupçonne certains membres de sa famille d'en être responsables, et leur en veut d'avoir ensuite investi leur maison près de la mer, qu'ils avaient fait construire au prix de lourds sacrifices

En haut des marches est le portrait d'une femme douée pour la réussite, détruite par la guerre, et qui tente de renaître de ses cendres. C'est Danielle Darrieux, l'interprète favorite de Paul Vecchiali, qui incarne ce personnage inspiré de la mère du réalisateur, à qui il rend hommage ainsi qu'à l'obstination de toutes ces femmes qui ont organisé, pendant la guerre, une autre forme de résistance, en veillant farouchement à la survivance matérielle et spirituelle des enfants. Un trajet exemplaire, qui met en lumière l'ambiguïté d'un personnage qui a développé pour son propre compte des vertus de travail et dénouement coïncidant avec l'idéologie dominante du régime de Vichy, « travail, famille, patrie », et qui, des années plus tard, se découvre un sentiment de culpabilité fixé par la force des choses sur la persécution des juifs.